La transposition de votre marketing et de vos communications en anglais : soigner le style, c’est capital

La transposition de votre marketing et de vos communications en anglais : soigner le style, c’est capital

Comment les cabinets d’avocats peuvent-ils s’assurer que la présentation de leur offre de services et de leurs atouts, parfaitement adaptée pour le marché français, sera perçue comme ils le souhaitent une fois traduite en anglais ? Qu’il s’agisse d’un site internet, d’une plaquette ou de l’intervention qu’un(e) associé(e) présentera le mois prochain à un congrès international, vous devriez choisir votre linguiste avec autant de discernement que l’architecte qui réaliserait votre maison idéale. Dans les deux cas, les erreurs peuvent s’avérer désastreuses et coûteuses.

Adapter une présentation ou un document conçu dans une culture pour en faire usage dans une autre est un exercice délicat. C’est l’un des facteurs clés qui distingue une traduction techniquement correcte d’une traduction qui résonne.

Traduire un texte en anglais implique le ré-écrire, surtout dans le contexte marketing et communication où certains mots et certaines idées n’ont pas le même impact en français et en anglais. Un bon traducteur saura distiller vos messages clés et adapter le contenu, la structure, le ton, le rythme et les références culturelles pour que vos lecteurs aient l’impression que le texte a été écrit dans leur propre langue. Autrement dit, une excellente traduction est indécelable.

La qualité de votre marketing et de votre communication en anglais peut ainsi agir sur votre visibilité et surtout sur votre crédibilité à l’international. Imaginez le client potentiel qui voit la version anglaise de votre site remplie d’erreurs de syntaxe et de propos pas clairs. Au mieux, il va simplement ne pas avoir envie de lire votre site et vous appellera tout de même. Au pire, même si vous lui étiez recommandé, il ne va pas vous appeler, car après avoir vu votre site, il doute de vos capacités de traiter un dossier en anglais.

A titre d’exemple, voici des propos repérés sur des sites de cabinets d’avocats qui seraient mal perçus par vos futurs prospects anglophones. Une proposition de correction et son explication suivent tous ces exemples.

Exemple 1 : Soyez direct et utilisez les mots justes.

Version originale : [Cabinet X] propose à ses clients tant en conseil qu’en contentieux une pratique corporate de premier plan.

Traduction sur le site du cabinet : [X law firm] offers its clients on transactional and litigation matters a first-rate and broad corporate counsel.

Proposition de correction :

[X] has a leading Corporate/M&A practice with the capability to advise clients on transactional and litigation matters.

Cette structure est plus directe et emploie les mots justes. Vous obtiendrez une meilleure écoute en utilisant un langage que vos interlocuteurs anglophones attendent et qui est spécifique au métier d’avocat (leading, practice, capability, advise, matters, etc.). Si votre activité fusions-acquisitions fait partie de la pratique corporate (ce qui était le cas dans cet exemple), mettez plutôt « Corporate/M&A ». Beaucoup d’anglophones ne comprendraient pas forcément que vous faîtes aussi des fusions-acquisitions si vous ne mettez que « corporate » dans la liste de vos compétences.

Exemple 2 : Soyez explicite et attention aux différences de ponctuation.

Version originale :

Nous sommes avocats mais nous sommes également entrepreneurs : nous nous attachons à la connaissance de vos métier, activité et marché.

Traduction sur le site du cabinet :

We are lawyers but we are also entrepreneurs: we focus on the knowledge of your profession, activity and market.

Proposition de correction:

We are lawyers with a business-minded approach; we are committed to understanding your business and industry sector.

Le début de cette phrase, traduit littéralement, serait abstrait pour un anglophone (avocat et entrepreneur ? Que voulez-vous vraiment dire ?). Les anglophones cherchent du concret. En remplaçant le mot « entrepreneur » par « business-minded approach », vous introduisez une notion plus explicite qui illustre bien un avocat qui agit aussi en tant qu’entrepreneur. Le mot « connaissance » dans ce contexte connote la compréhension et ainsi « understanding » doit remplacer le mot « knowledge ». Attention à la ponctuation : l’anglais utilise moins le deux-points (:), qui est souvent remplacé par un point (pour faire deux phrases distinctes) ou par un point-virgule (et bien entendu, il n’y a jamais d’espaces avant la ponctuation en anglais).

Exemple 3 : La « disponibilité » comme valeur ?

Beaucoup de cabinets mettent en avant la disponibilité de leurs avocats comme valeur et une raison de travailler avec eux. La plupart du temps, « disponibilité » est traduite comme « availability ». Or, pour un anglo-saxon, « availability » dans le contexte d’une relation avocat-client a très peu d’impact ; il va de soi que l’avocat est « available » pour son client (on le paie après tout… !). Un anglophone serait plus motivé si vous lui décrivez l’action que l’avocat déploie pour servir son client. Il serait préférable en ce cas de remplacer « available » ou « availability » avec, selon le contexte et l’esprit du cabinet, un ou plusieurs des propos suivants : « high level of [partner] involvement », « accessible whenever needed », « hands-on approach », ou encore « strong commitment to client needs ».

Pour conclure, la rédaction de vos supports marketing et communication en anglais peut servir  comme un véritable trait d’union entre vous et vos interlocuteurs internationaux. Le traducteur construit le pont interculturel et a une double responsabilité, envers vous, le client, et envers le lecteur. D’un côté, il doit rester fidèle à votre message et à votre propos ; de l’autre, il doit répondre aux besoins et attentes du lecteur afin que votre discours soit correctement perçu et compris. En adaptant votre style de communication en anglais afin de toucher plus de clients anglophones et internationaux, non seulement vous réussirez à vous démarquer de la concurrence, mais vous montrerez du même coup à quel point vous privilégiez le service client…une notion très importante pour les anglo-saxons !

 

Article original paru sur le site Le Monde du Droit le 1er décembre 2014.